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    Une installation laitière hors normes avec Kevin Tymen !

    Épisode 1 : Le parcours qui mène à l’installation

    Dans cet épisode 1, nous découvrons le parcours de Kevin avant l’installation, ses réflexions et ses ambitions pour son projet. Il sait ce qu’il veut et il met tout en place pour y arriver en ayant conscience que le chemin ne sera pas toujours une belle pâture ! Suivons-le dans son cheminement…

    Sortir de la ferme familiale pour développer sa réflexion et gagner en maturité

    Depuis ses 5 ans, Kevin veut faire comme son père : éleveur laitier. Son père et son oncle ont repris la ferme familiale en 1988. L’herbe est au cœur de leur système.
    Son père voyage en Nouvelle-Zélande pour découvrir les systèmes herbagers et il est actif dans le groupe d’herbagers de la région, avec notamment Erwan Leroux.

    Autant dire que Kevin est “un enfant de l’herbe”. Cependant, il admet que même s’il aide de temps à autre, il aime passer du temps hors du quotidien de l’exploitation, contrairement à beaucoup de ses camarades de classe qui passent tout leur temps libre sur la ferme familiale.

    Paradoxalement, c’est en sortant de la ferme qu’il a mieux compris ce métier : “J’aidais de temps en temps, mais franchement, je ne comprenais pas vraiment ce que je faisais. Je n’avais pas de vue d’ensemble et je ne saisissais pas tous les aspects du métier. Je manquais sûrement de maturité aussi. Peut-être que si je n’étais pas sorti de la ferme, si je n’avais pas voyagé, je ne me serais pas installé, qui sait ?”

    Ce besoin de s’ouvrir à d’autres choses naît durant son BTSA en production animale. Il effectue un stage d’un mois en Angleterre, grâce au réseau de son père, dans une ferme herbagère évidemment ! À la fin de sa licence, il décide de partir en Nouvelle-Zélande, pays du pâturage.

    Faire ses armes et confronter ses idées

    Entre 2014 et 2017, Kevin travaille dans des exploitations laitières en Nouvelle-Zélande. Il y fera 3 saisons de vêlages. Les 6 premiers mois, il voyage et découvre plusieurs fermes, puis il s’investit durant 2 ans et demi dans l’une d’entre elles, pour expérimenter et suivre l’évolution de l’exploitation.

    Au cours de ces années, il développe ses compétences mais aussi sa réflexion et son esprit critique : “J’ai adoré travailler sur cette ferme, mais je voyais aussi certaines incohérences. La ferme était trop chargée, ce qui créait plus d’azote, et l’exploitant achetait du fourrage à l’extérieur. Même si j’ai appris énormément, ce n’est pas ça que je voulais, moi, en tant que futur éleveur.”

    Il n’est pas toujours d’accord avec eux et il l’exprime : “Nos échanges étaient parfois animés mais toujours dans le respect, ça a été très riche pour moi. En Nouvelle-Zélande, ils sont forts aussi pour ça, pour le management des salariés.”

    Il voyait aussi des conseillers venir sur la ferme et appliquer un modèle qui ne correspondait pas à ses contraintes : “Je me disais que quand tu n’es pas certain de tes finalités, tu peux vite te faire entraîner par les autres, les conseillers, les banques, l’entourage, etc.”

    C’est en observant, en exprimant son désaccord et en proposant des alternatives à ses patrons que Kevin a posé les premières bases de son propre projet avant même d’avoir une ferme en vue.
    Il a clarifié ses idées et envies dans cette confrontation facilitée car hors cadre familial, donc loin des enjeux affectifs avec les parents qui empêchent parfois les enfants repreneurs d’aller au bout de leurs idées pour rester loyaux ou pour éviter le conflit.

    Savoir ce que l’on veut et construire une vision

    L’opportunité de s’installer avec son père et son oncle a été évoquée, mais la possibilité de dégager 3 salaires était loin d’être certaine. De plus, Kevin souligne : “Même si l’herbe est centrale sur la ferme familiale, mes finalités n’étaient pas exactement les mêmes. Mon père et mon oncle font du bon boulot, mais je voulais aller encore plus loin dans le système pâturant : faire du 24 heures, avec une conduite d’élevage optimisée pour le pâturage, de la monotraite pour avoir du temps libre et j’avais envie d’aller vite. Tout était clair dans ma tête.”

    Alors, Kevin décide qu’il s’installera seul, à condition de trouver la ferme qui réponde à son projet et à sa personnalité :

    • Un nombre d’hectares accessibles aux vaches laitières suffisant pour son projet, soit 60 ha environ.
    • Des conditions pédoclimatiques favorables pour gérer du pâturage sans faire trop de stock.
    • Peu de matériel dans la reprise, pas de g...

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    MARIE GODARD
    MARIE GODARD
    J'ai été responsable de la formation à Paturesens pendant 5 ans, après avoir travaillé au service de remplacement lors de ma reconversion professionnelle dans le milieu agricole. Passionnée de l'humain avant tout, formée aux sciences humaines et à l'accompagnement, je propose aujourd'hui des projets pour permettre aux agriculteurs(trices) d'améliorer leurs relations au sein de la ferme, de retrouver du sens et la fierté à être agriculteur au quotidien. J'interviens également auprès des centres de formation pour sensibiliser les futurs agriculteurs et auprès de conseillers et formateurs pour améliorer leur capacité d'accompagnement. Me contacter : mg.godard@gmail.com ; 0671135119

    REDACTEUR

    MARIE GODARD
    MARIE GODARD
    J'ai été responsable de la formation à Paturesens pendant 5 ans, après avoir travaillé au service de remplacement lors de ma reconversion professionnelle dans le milieu agricole. Passionnée de l'humain avant tout, formée aux sciences humaines et à l'accompagnement, je propose aujourd'hui des projets pour permettre aux agriculteurs(trices) d'améliorer leurs relations au sein de la ferme, de retrouver du sens et la fierté à être agriculteur au quotidien. J'interviens également auprès des centres de formation pour sensibiliser les futurs agriculteurs et auprès de conseillers et formateurs pour améliorer leur capacité d'accompagnement. Me contacter : mg.godard@gmail.com ; 0671135119

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