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    Le sevrage, plus important qu’il n’y parait ?

    Le sevrage est l’étape la plus importante du système ovin plein air pâturant puisqu’il va conditionner les performances techniques et économiques de l’année N+1. Avant de rentrer dans les détails, certains raisonnements vont vous paraitre incohérent, mais comprenez que nous parlons d’un système de production capable de sortir des fortes productions en milieu sec. Souvent, nous entendons la question « pourquoi sevrer ? ». Le sevrage, par l’action de séparer les mères des agneaux, consiste à baisser le besoin alimentaire du troupeau, de ne plus avoir de concurrence entre agneaux et brebis sur la qualité de l’offre alimentaire et de contrôler l’état corporel du troupeau de reproductrice. Ce dernier point est souvent celui négligé dans la prise de décision de sevrer.

    Concrètement quels sont les indicateurs qui déclenchent le sevrage ?

    Cloture quad paturagePlusieurs facteurs sont à prendre en compte, comme vu précédemment, le sevrage va avoir lieu lorsque les agneaux seront âgés de 90 jours en moyenne, à noter que sevrer en deux fois (par cycle) est une très bonne option. Dans certains cas, les agneaux peuvent être sevrés à 70 jours, mais cela nécessite une conduite alimentaire et sanitaire irréprochable pour l’éleveur, le système herbager laissant peu de place aux erreurs, le sevrage précoce n’en laisse aucune. Si le système a bien été construit (cf article présentation globale du système ovin herbager) le sevrage va coïncider avec le moment où la pousse et la qualité de l’herbe des paddocks de lactation diminue, nous verrons plus tard quelle conduite alimentaire adopter à ce moment-là. Enfin, l’état corporel des brebis doit être prioritaire sur la prise de décision de sevrer.

    Pourquoi l’état corporel des brebis est-il si important ?

    L’état corporel au sevrage, en condition sèche, va conditionner les résultats de fertilité, prolificité, poids des agneaux à la naissance, mortalité à l’agnelage et durée d’engraissement des agneaux. Si la NEC (note d’état corporel) à la lutte est inférieur à 3 (sur une échelle de 5) vous pénaliserait le nombre d’agneaux produit par hectare. C’est pourquoi la NEC après sevrage doit être de 3 sur les brebis. Si la NEC au sevrage est de 2, il va être très difficile et coûteux de remonter les brebis à 3 pour la lutte (en condition sèche), et ce n’est pas en fin d’automne et hiver que l’on peut les remonter en état pour l’agnelage sans aliment concentré. Pour reprendre une note de NEC, une brebis doit gagner environ 10% de son poids vif.
    Par exemple, une brebis de 65kg devra reprendre 6.5kg de PV pour passer de 2 à 3.

    • Nous avons 120 à 140 jours pour reprendre un point de NEC
    • Il faut viser une croissance de 50gr par jour.
    • Son besoin alimentaire sera de 18 MJEM (cf article SHANE)
    • Plusieurs possibilités :
      • Des stocks sur pieds : avec une valeur variant entre 10 et 8 MJ EM/KG de MS = Soit 1.8 à 2.25kg de MS/jour
      • Des flores d’étés à 12 MJ EM/KG de MS = soit 1.5kg de MS/jour. Dans le cas présent, les brebis sont directement en concurrence avec les lots en croissances et finitions.

    L’analyse

    La pr...

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    Pierre-Moran Mouchard
    Pierre-Moran Mouchardhttp://www.paturesens.com
    Passionné par l'élevage ovin depuis mon enfance, j'ai rejoins Paturesens en 2017. Depuis je sillonne la France à la rencontre des éleveurs pour les accompagner dans le développement des systèmes pâturant. En parallèle, j'élève 200 brebis en plein air intégral dans le nord du Puy de Dôme (700m), sur la fin du plateau des combrailles, une zone séchante et à faible potentiel où la production ovine est la plus adaptée. L'objectif : produire en adéquation avec le potentiel herbager de mon exploitation pour allier rentabilité, durabilité et qualité de vie.

    REDACTEUR

    Pierre-Moran Mouchard
    Pierre-Moran Mouchardhttp://www.paturesens.com
    Passionné par l'élevage ovin depuis mon enfance, j'ai rejoins Paturesens en 2017. Depuis je sillonne la France à la rencontre des éleveurs pour les accompagner dans le développement des systèmes pâturant. En parallèle, j'élève 200 brebis en plein air intégral dans le nord du Puy de Dôme (700m), sur la fin du plateau des combrailles, une zone séchante et à faible potentiel où la production ovine est la plus adaptée. L'objectif : produire en adéquation avec le potentiel herbager de mon exploitation pour allier rentabilité, durabilité et qualité de vie.

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