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    Plus de rendement carcasse par l’organisation ! Comment augmenter le poids carcasse lors du transport des animaux à l’abattage ?

    Lors de l’attente avant le transport vers l’abattoir, différentes situations et conditions de contention auront de l’impact sur le comportement animal, la qualité de la viande ainsi que le poids de carcasse.

    Augmenter la qualité et le poids à l’abattage :

    Dans un système pâturant, les animaux n’ont pas ou peu l’habitude d’espace clos, où les déplacements ainsi que leurs sens pourraient être limités. Parfois le transport vers le lieu d’abattage est leur première fois, cette situation engendre indéniablement un stress très important ainsi qu’un changement alimentaire considérable (eau et alimentation). Nous savons également que la manipulation, l’attente et le transport peuvent avoir un impact sur le comportement et le stress. Diverses études permettent de mettre en évidence, que le stress est néfaste, provoque une perte de poids, une modification du pH de la viande, sa couleur ainsi que sa sensibilité aux hématomes.

    Glycogène

    En effet chez un animal sain, reposé et non stressé, la teneur en glycogène du muscle est élevée. Après l’abattage de l’animal, le glycogène du muscle est converti en acide lactique et le muscle et la carcasse deviennent fermes. Cet acide lactique est nécessaire pour produire de la viande de bon goût et tendre, de bonne qualité et de bonne couleur. Si l’animal est stressé avant et pendant l’abattage, le glycogène est utilisé et le niveau d’acide lactique qui se développe dans la viande après l’abattage est faible.

    Adrénaline

    L’adrénaline force le muscle à se crisper, préparant l’animal à une action rapide, elle augmente également la vigilance pour rendre l’animal plus conscient de son environnement. La libération de l’adrénaline déclenche un changement de pH de la viande. Le stress provoque une réponse chimique qui est conçue pour préparer le muscle à l’action et ces produits chimiques ne disparaissent pas au moment où la menace ou l’inconfort disparaît. Le corps doit en effet décomposer ces produits chimiques et les expulser du corps à travers ses organes vitaux. Lorsque le stress est prompt, le changement chimique réduit le goût et la tendreté, mais si le stress persiste pendant une durée plus longue (plusieurs heures), le changement de pH va effectivement commencer à avoir un impact très important, la viande devient foncée et collante, très semblable à la viande meurtrie et aura une durée de conservation plus courte. Dans les rayons, cette viande est appelée « Beurk » par le consommateur.

    Les différentes recherches dans le monde, ont démontré que les agriculteurs peuvent réduire le stress, améliorer le rendement poids-carcasse ainsi que la qualité de la viande. Ces actions peuvent être rentables immédiatement !
    Pour cela :
    – L’alimentation est un facteur important
    – Habituer les animaux au lieu d’attente de ramassage
    – Éviter la déshydratation

    L’alimentation avant le transport

    Mettre à disposition du foin ou un fourrage conservé à volonté 12 heures avant le transport vers l’abattoir, permettrait de gagner jusqu’à 4 % de rendement carcasse ! Jusqu’à 11 kgC pour une carcasse de 300 kgC, selon les essais menés par Beef + Lamb New Zealand.
    Ce gain est plus faible si jamais de jeunes mâles entiers devaient être mélangés pour la première fois avant le transport, dans ce cas la perte de rendement carcasse serait de l’ordre de 2-3 %. Les mâles sont plus agressifs et sexuellement actifs, imposer un nouvel ordre social avant l’abattage augmente considérablement le stress, tout en réduisant l’ingestion d’eau et d’alimentation. Cette forte proximité peut augmenter le risque d’hématomes, soyez vigilant.
    Mettre à disposition du foin à des...

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    SHANE BAILEY
    SHANE BAILEYhttp://www.paturesens.com
    Consultant en production animale en système herbager. Élevé à l’herbe en plein air ovin et bovin, j’ai grandi entre le sud de la France et la Nouvelle-Zélande (Les Corbières, Hautes-Alpes, Canterbury, Waikato et le Wairarapa). Le pâturage est une histoire de famille. En 2015, mon frère et moi reprenons PatureSens, l'entité de conseil de John notre père qui lui retourne exploiter. En 2018 nous créons www.paturevision.fr pour répondre aux besoins spécifiques mais aussi qualitatif des agriculteurs.

    REDACTEUR

    SHANE BAILEY
    SHANE BAILEYhttp://www.paturesens.com
    Consultant en production animale en système herbager. Élevé à l’herbe en plein air ovin et bovin, j’ai grandi entre le sud de la France et la Nouvelle-Zélande (Les Corbières, Hautes-Alpes, Canterbury, Waikato et le Wairarapa). Le pâturage est une histoire de famille. En 2015, mon frère et moi reprenons PatureSens, l'entité de conseil de John notre père qui lui retourne exploiter. En 2018 nous créons www.paturevision.fr pour répondre aux besoins spécifiques mais aussi qualitatif des agriculteurs.

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