PLUS

    Nouvelle-Zélande : pâturage tournant en milieu sec, 15 heures de travail par semaine pour 100k de revenu

    Dans l’Ile du Sud, James Costello conduit seul sa troupe ovine de 2500 têtes grâce à un système simple et peu gourmand

    James Costello - paturageSa ferme de 340 ha de plaines se trouve dans le nord du Canterbury, en zone sèche. 300 ha sont situés autour du lieu d’habitation avec les bâtiments principaux : un parc de contention partiellement couvert et un bâtiment de tonte. Les 40 ha restants sont à 8 km de la ferme mais comportent également un parc de contention basique. La pluviométrie annuelle est très variable et faible, avec une moyenne de 700 mm. Un autre facteur limitant est le fort vent chaud du nord-ouest qui souffle régulièrement et dessèche le sol et la végétation très rapidement. Selon les conditions climatiques annuelles, James élève de 2000 à 3000 brebis allaitantes, incluant les agnelles de renouvellement.

    Conversion au pâturage tournant

    En 2001, James rachète 100 ha attenants à sa ferme. Cette nouvelle surface ne produit que peu d’herbe, les parcelles sont vastes et la flore pauvre. Après réflexion, il décide de se convertir au pâturage tournant sur la totalité de sa ferme, à l’opposé du traditionnel pâturage continu pratiqué dans la région. A cette époque, le prix de l’agneau est élevé et lui permet d’investir dans de nouvelles clôtures pour diviser ses pâtures existantes et dans un nouveau système d’abreuvement. Les travaux sont réalisés entre 2002 et 2003. A ce stade, les pâtures ne sont pas améliorées, mais James mesure tout de même une augmentation de 40 à 50 % de production de matière sèche par an, par rapport au pâturage continu.

    James Costello - paturage


    La conduite

    Depuis, les prairies ont été améliorées, principalement par sursemis de trèfle souterrain sur la majorité des terres et par l’implantation de luzerne sur une partie de la ferme, ainsi que par l’utilisation de ray-grass annuel. James estime que la quantité de matière sèche produite est restée similaire, mais la qualité a fortement augmenté, ce qui permet de mieux nourrir les animaux durant les périodes clés, notamment en pré- et post-sevrage. L’îlot principal comporte maintenant environ 70 parcelles de 3 à 8 hectares. La majorité des parcelles ont un accès soit à la route, peu fréquentée, soit à des couloirs créés au sein de la ferme, rendant facile et rapide la circulation des animaux. Les prairies reçoivent des amendements calciques d’entretien en fonction des résultats d’analyse du sol et, si besoin, 4 à 5 tonnes d’urée sont apportées annuellement sur les prairies destinées aux agnelages.

    La conduite reste le plus simple possible avec un minimum de lots d’animaux. Les brebis sont conduites en pâturage continu au moment des agnelages uniquement. Ceux-ci commencent à la mi-août (équivalent saisonnier français du mois de février) et se déroulent en plein air, sans surveillance. Les brebis sont échographiées en juin, puis les simples et les multiples sont séparées afin d’adapter leur alimentation en fin de gestation. Environ deux semaines avant le début des agnelages, les brebis sont divisées en petits lots et réparties sur les parcelles sélectionnées pour les agnelages. Dans les deux semaines après la fin des agnelages, James commence à regrouper les brebis pour commencer les rotations de printemps.

    La prophylaxie est elle aussi limitée. Les brebis ne reçoivent aucun traitement, sauf un vaccin contre les maladies à Clostridium avant les agnelages. Les agneaux reçoivent leur premier vermifuge à partir du sevrage, si James juge qu’il est nécessaire. Selon la saison, ils recevront 3 ou 4 vermifuges avant leur vente ou leur mise à la reproduction. Les agnelles de remplacement sont vaccinées contre la toxoplasmose et les avortements à Campylobacter avant leur mise en lutte, en automne. L’éleveur utilise toutefois facilement des injections de vitamine B12 pour ses agneaux en cas de ralentissement de croissance ou d’un aspect non satisfaisant des animaux. Les rotations de printemps sont de 21 jours pour l’herbe et 30 à 35 jours pour la luzerne. En é...

    Cet article vous a-t-il aidé ?

    Cliquez sur une étoile pour noter !

    Note moyenne 4.7 / 5. Nombre de votes : 12

    Aucun vote pour l'instant! Soyez le premier à évaluer cet article.

    REDACTEUR

    Découvrez notre E-Boutique

    Ceci n'est que 40% de l'article !


    Pour lire gratuitement l'intégralité des articles sur je-pâture, il vous suffit de vous connecter dans votre compte PâtureVision