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    Le pari fou d’André et de Gwenaëlle dans le Finistère : Améliorer les performances à l’hectare grâce à la synergie de la production laitière et légumière

     

    Dans le Finistère, André et Gwénaëlle Jézéquel produisent du lait bio en système 100 % herbe avec 200 vaches conduites en croisement (Jersiaise, Frisonne néo-zélandaise). Ils ont mis en place un système d’échanges en jouissance de parcelles avec des producteurs de légumes pour améliorer les performances des surfaces.

    Installés en bio depuis une trentaine d’années, à Plouzévédé dans le Finistère, André et Gwénaëlle Jézéquel mettent en application les principes agronomiques auxquels ils croient. « La prairie est une nécessité dans l’écosystème. Elle vient en tête de rotation pour créer un capital matière organique dans le sol. Capital qui va être mis en « compte courant » pour les cultures légumières implantées derrière elle. C’est un principe énoncé déjà par Olivier de Serres, le père de l’agronomie moderne, à la sortie du Moyen-Age.»

    André Jézéquel a organisé son parcellaire en une « plateforme laitière » accessible aux vaches en lactation, et des « terres satellites »

    Plutôt que de se diversifier, ils ont inventé un système d’échanges en jouissance de parcelles avec plusieurs producteurs de légumes bio. « On est sur un rythme de six ans en prairies suivis de trois ans en cultures légumières – soit un bail de neuf ans » explique André Jézéquel. « Pour chaque hectare engagé, je récupère 1,25 à 1,33 hectare sous forme de fourrages achetés sur pied. » Les producteurs de légumes y trouvent l’avantage de pouvoir réduire d’un quart à un tiers leurs besoins en engrais, et d’avoir des coûts d’installation et de destruction des cultures plus faibles. Le salissement se gère plus facilement aussi pour eux par rapport à un précédent céréales.

    « Ce système permet d’améliorer la performance des surfaces » explique André Jézéquel. Car l’éleveur pointe que la production de lait, quel que soit d’ailleurs le système de production – herbager ou basé sur l’ensilage de maïs et le soja acheté – n’a pas une capacité nourricière (nombre de personnes nourries par l’exploitation) importante ramenée à l’hectare par rapport à d’autres productions agricoles. C’est ce qu’a montré le programme Terunic des chambres d’agriculture de Bretagne et Pays de la Loire.

    Daniel Jézéquel s’appuie aussi sur une étude québécoise qui montre qu’en système herbager, le bilan humique du sol est très positif à partir de la troisième année en prairie. Avec la même productivité en termes de lait, la capitalisation ne se fait pas du tout à la même échelle en système maïs ensilage. Et en production légumière, le bilan humique s’effondre très rapidement. Un résultat à mettre en balance justement avec le fait que la marge brute par hectare est faible en production de lait par rapport à celle en production de légumes.

    Passons à la mise en pratique de ces équilibres entre production herbagère de lait et production de légumes : l’exploitation compte 100 ha de prairies, mais elle pâture ou récolte et apporte des déjections sur au total 238 ha. André Jézéquel a organisé son parcellaire en une « plateforme laitière » accessible aux vaches en lactation, et des « terres satellites » qui sont surtout valorisées par deux lots de génisses, un lot de vaches nourrices avec les veaux et un lot de vaches pleines.

    Un tiers des vêlages est centré sur novembre et décembre, et sur cette période de naissance tous les veaux femelles sont conservés pour l’élevage. La mise à la reproduction se déroule sur février et mars, avec une 1ère IA sexée en Jersiaise et une 2ème IA sexée en Frisonne néo-zélandaise.
    Les autres vaches vêlent en mars, avril et début mai et aucun de leur produit n’est conservé. Toutes sont inséminées dans l’objectif de la production de viande (Blanc Bleu ou ibovex) et un taureau Limousin assure les retours sur une période de trois semaines.

    « Nous sommes passés en monotraite car si les vaches pâturent surtout dans un rayon de deux kilomètres, elles peuvent aller jusqu’à 3,5 kilomètres » explique André Jézéquel. En vêlag...

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