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    La qualité de la prairie, ça se gère et ça s’entretient !

     

    paturage tournant dynamiqueLes performances animales peuvent être améliorées lorsque les ruminants pâturent une prairie de qualité. Leur ingestion et leur digestion sont plus efficaces, ce qui engendre une augmentation de la production de lait, de viande et/ou de laine. L’amélioration de la qualité des prairies est donc un enjeu majeur pour les éleveurs ovins et bovins qui souhaitent améliorer leurs performances économiques.

    Il est maintenant important de connaître les stratégies pouvant faire évoluer la qualité de ses prairies et la maintenir. Ce premier article est dédié au point incontournable de la qualité des prairies, à savoir la maîtrise de la quantité d’herbe sur pied et l’utilisation du pâturage pour gérer cette quantité.

    Un prochain article sera consacré aux autres outils qui peuvent être mobilisés, dans certaines conditions, pour obtenir des prairies de qualité. Contrairement au pâturage qui s’avère être une simple gestion des prairies, les autres solutions sont souvent plus coûteuses et plus lourdes.

    Un aspect crucial : la qualité passe par la maîtrise de la quantité

    Il est crucial de gérer la quantité de MS offerte en lien avec le stade de développement  pour maintenir une bonne qualité. 

    Trop ou trop peu pâturée, une prairie perd en qualité

    Si la biomasse d’un couvert est trop importante, la quantité de matière morte au pied du couvert ainsi que la proportion de tiges par rapport aux feuilles augmentent. La composition chimique des plantes devient moins intéressante : la quantité de protéines et de glucides solubles digestibles diminue rapidement en faveur des fibres moins facilement digérées. Par conséquent, la valeur nutritive du couvert décline. Il est donc important de pâturer (ou récolter) le couvert avant qu’il ne soit trop développé et que sa valeur nutritive ne décline trop. Cela est évidemment vrai pour des animaux en production et des plantes en phase de croissance. La gestion du stock d’herbe sur pied répond à des besoins d’entretien pour les animaux et une gestion plus particulière permet de contrôler sa qualité lors des premières pluies qui suivront son utilisation.

    À l’inverse, si les résidus laissés après pâturage sont trop courts, l’équilibre alimentaire de la plante ne sera pas optimal du fait d’un manque de cellulose et d’un ratio C/N défavorable à la valorisation des éléments nutritifs. Enfin, le surpâturage aura pour effets de réduire le système racinaire, la capacité de la plante à se « nourrir » et le rendement finira par baisser significativement (entre 30 et 50 %). Les plantes « riches » et « productives » seront surpâturées régulièrement au détriment des espèces moins favorables, modifiant ainsi la composition botanique de la prairie en réduisant la qualité et la pérennité des espèces.

     

    La quantité d’herbe disponible varie selon les saisons

    La vitesse de croissance de l’herbe varie au fur et à mesure des saisons (figure 1). Le pic de croissance au printemps est un moment crucial pour avoir une prairie de qualité jusqu’à la fin de la saison de pâturage. A cette période, c’est un excès de ressources qu’il faut gérer. Il faut en permanence pâturer les couverts avant que la biomasse ne soit trop importante. À l’inverse, en été et en automne, quand la croissance des prairies est lente voire nulle, attention à ne pas les surpâturer. Différentes stratégies sont envisageables pour cela.

    Adaptation de l’offre à la demande : besoins alimentaires et pousse de l’herbe

     La planification de l’alimentation animale est le premier point qui permet de mettre en regard la quantité d’aliments que les prairies devraient a priori fournir et les besoins des différentes catégories d’animaux présents sur l’exploitation. Cette planification permet de prévoir si les ressources en herbe seront en mesure de couvrir les besoins des animaux sur l’année. Elle doit se faire mois par mois, puisque la croissance des prairies ainsi que les besoins des ruminants varient au cours du temps. 

    Figure 2 : Courbe de planification de l’adéquation ressources-besoin. La courbe verte correspond à la croissance journalière moyenne des prairies et la courbe rouge aux besoins journaliers moyens des animaux. Quand la courbe verte est au-dessus, il y a un excès de ressources par rapport aux besoins. Quand la courbe rouge est au-dessus, il y a un déficit de ressources par rapport aux besoins.

    De manière générale, les ressources sont excédentaires au printemps, dû au pic de croissance des prairies, et deviennent déficitaires en été et hiver. Envisager à l’avance les périodes déficitaires permet de les aborder plus sereinement et de prévoir la gestion des prairies.

    La planification est un outil souvent utilisé par les éleveurs pour s’assurer que la saison de pâturage se déroule selon les prévisions. Cependant, les aléas subis (climatiques, de performance ou des prix), les décisions prises et les ajustements faits au cours de la saison de pâturage ont évidemment des conséquences sur la planification initiale qu’il faut prendre en compte pour la suite de la saison.

    La planification des besoins et ressources est une ligne directrice qui facilite la gestion quotidienne de l’exploitation, cependant elle doit être ajustée en permanence pour tenir compte des aléas et des décisions prises.

    Le pâturage, un outil puissant et modulable pour gérer la qualité

    La gestion de la qualité des prairies est possible grâce à différents moyens qu’il est évidemment préférable de combiner. Ces stratégies sont connues des éleveurs, mais le contexte pédoclimatique et historique (traditions), dans lequel les élevages s’inscrivent, influence les stratégies mobilisées par chaque éleveur.

    Un chargement adéquat

    Un des moyens pour maîtriser la croissance printanière, et donc la hauteur de l’herbe d’une prairie, est de calquer la demande (courbe rouge de la Figure 2) sur la production d’herbe (courbe verte) et d’avoir sur l’exploitation le chargement suffisant pour consommer le pic de croissance printanier. Pour cela, plusieurs options s’offrent aux éleveurs : faire varier le nombre d’animaux (achat-vente-pension, prolificité), la surface (vendre de l’herbe sur pied, faucher), jouer sur la date de sevrage pour ajuster le nombre d’animaux, date de vêlage… Le chargement est une première chose, mais il faut mettre en place une stratégie de pâturage adaptée pour contrôler cette croissance.

    Le chargement, une contradiction perpétuelle

    Pour valoriser efficacement les prairies destinées au pâturage, il faut respecter la capacité de charge du site, et donc avoir une demande alimentaire en adéquation avec la ressource ou la productivité des prairies. La capacité de chargement d’une exploitation varie en fonction des conditions pédoclimatiques et du terroir de l’exploitation. Il existe une contradiction dans le calcul de la gestion du chargement d’une exploitation. Si l’exploitation est surchargée, alors le risque économique devient égaleme...

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    SHANE BAILEY
    SHANE BAILEYhttp://www.paturesens.com
    Consultant en production animale en système herbager. Élevé à l’herbe en plein air ovin et bovin, j’ai grandi entre le sud de la France et la Nouvelle-Zélande (Les Corbières, Hautes-Alpes, Canterbury, Waikato et le Wairarapa). Le pâturage est une histoire de famille. En 2015, mon frère et moi reprenons PatureSens, l'entité de conseil de John notre père qui lui retourne exploiter. En 2018 nous créons www.paturevision.fr pour répondre aux besoins spécifiques mais aussi qualitatif des agriculteurs.

    REDACTEUR

    SHANE BAILEY
    SHANE BAILEYhttp://www.paturesens.com
    Consultant en production animale en système herbager. Élevé à l’herbe en plein air ovin et bovin, j’ai grandi entre le sud de la France et la Nouvelle-Zélande (Les Corbières, Hautes-Alpes, Canterbury, Waikato et le Wairarapa). Le pâturage est une histoire de famille. En 2015, mon frère et moi reprenons PatureSens, l'entité de conseil de John notre père qui lui retourne exploiter. En 2018 nous créons www.paturevision.fr pour répondre aux besoins spécifiques mais aussi qualitatif des agriculteurs.

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