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    Dépenser toujours plus pour produire pareil : « sortir de la course sans fin »

    La ferme en bref

    Date d’installation : 1998
    Lieu : 53540 Cuillé

    100 VL PH
    140 UGB
    615 000 L – Lactalis en bio
    Passage en bio en 2018 – 1re livraison lait bio novembre 2019

    18 ha maïs
    2 ha betterave
    6 à 8 ha de mélanges céréaliers
    Prairies 83 ha RGA/trèfles
    50 ha accessibles aux VL

    Conduite du troupeau
    2 périodes de vêlages : printemps et été (demande de la laiterie).
    Les génisses pleines de 15 mois sont au pâturage sur 8 ha en 24 h système techno.
    Les veaux après sevrage sont au pâturage sur 6 ha.

    Main-d’œuvre
    2 associés
    Répartition des responsabilités : élevage // culture-comptabilité

    Évolution du système
    De 35 ha de maïs à 18 ha
    De 25 ha de blé à 6 ha
    Technique de pâturage : du “pâturage parking” sans gestion rationalisée au pâturage tournant dynamique

    De 70 vaches à 100 vaches (moyenne d’étable : 7000 L)

    Investissements : chemins – clôtures HighTensile (électrification, subdivisions et périphéries) – système d’abreuvement complet : 40 000 euros sur un budget prévisionnel de 50 000 euros.
    Création de 1,5 km de chemins par une entreprise locale, avec de la pierre de la ferme et du déchet de carrière.

    Une bonne maîtrise technique du système conventionnel

    En Mayenne, Laurent et son associé sont organisés. Ils ont chacun leur pôle de responsabilités, même si, bien entendu, ils s’entraident et prennent les décisions ensemble. Laurent se concentre sur l’atelier élevage et son associé sur les cultures et la comptabilité. Avant de mettre en place le pâturage tournant dynamique, ils étaient sur un système conventionnel maïs/soja, avec des résultats satisfaisants. Les deux associés sont rigoureux techniquement et consciencieux dans leur travail. “Nous avions une ferme qui tournait bien, nous n’étions pas mauvais. On faisait toujours du mieux qu’on pouvait, selon aussi les conseils des uns et des autres”, souligne Laurent.

    Alors pourquoi changer ?

    “Nos résultats n’étaient pas mauvais, d’accord, mais j’avais l’impression qu’il fallait faire toujours plus, que ce n’était jamais suffisant.” Laurent explique que pour maintenir leurs résultats techniques et économiques, ils devaient toujours faire plus : plus de produits phyto, plus d’engrais, plus de complémentation pour les vaches, plus de complexité dans le système… Il fallait dépenser plus pour produire pareil, alors la marge s’en trouvait impactée.”

    « Nous, les éleveurs, nous avons toujours la tête dans le guidon, à surveiller les résultats de nos vaches à court terme, à réparer ou améliorer les équipements… Bref, il y a toujours quelque chose à faire sur une ferme. Si on ne décide pas de s’arrêter pour réfléchir à notre système, personne ne va le faire pour nous.”

    Ainsi, en 2018, Laurent et son associé prennent le temps de la réflexion et s’interrogent sur leur temps de travail et la rentabilité de la ferme. « Dans le milieu agricole, la valeur travail est importante, on ne compte pas nos heures. Mais moi, maintenant dans la cinquantaine, j’ai envie de mettre en avant la valeur rentabilité/temps de travail, la marge et la capacité de rémunération.”

    Ils se demandent également quelle place occupe la France dans le marché mondial des productions conventionnelles et à faible valeur ajoutée. « J’ai l’impression que sur le marché mondial en conventionnel, si on veut se maintenir, il faudra toujours produire plus et à bas prix pour être concurrentiel face aux autres pays. Ce n’est que mon avis. Je ne veux pas de cette course sans fin pour finir ma carrière.”

    Suite à ce bilan entre associés, ils font une étude avec le contrôle laitier pour évaluer les pistes d’amélioration et envisager un passage en bio. Dans un premier temps, l’étude révèle une amélioration des marges possib...

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    MARIE GODARD
    MARIE GODARD
    J'ai été responsable de la formation à Paturesens pendant 5 ans, après avoir travaillé au service de remplacement lors de ma reconversion professionnelle dans le milieu agricole. Passionnée de l'humain avant tout, formée aux sciences humaines et à l'accompagnement, je propose aujourd'hui des projets pour permettre aux agriculteurs(trices) d'améliorer leurs relations au sein de la ferme, de retrouver du sens et la fierté à être agriculteur au quotidien. J'interviens également auprès des centres de formation pour sensibiliser les futurs agriculteurs et auprès de conseillers et formateurs pour améliorer leur capacité d'accompagnement. Me contacter : mg.godard@gmail.com ; 0671135119

    REDACTEUR

    MARIE GODARD
    MARIE GODARD
    J'ai été responsable de la formation à Paturesens pendant 5 ans, après avoir travaillé au service de remplacement lors de ma reconversion professionnelle dans le milieu agricole. Passionnée de l'humain avant tout, formée aux sciences humaines et à l'accompagnement, je propose aujourd'hui des projets pour permettre aux agriculteurs(trices) d'améliorer leurs relations au sein de la ferme, de retrouver du sens et la fierté à être agriculteur au quotidien. J'interviens également auprès des centres de formation pour sensibiliser les futurs agriculteurs et auprès de conseillers et formateurs pour améliorer leur capacité d'accompagnement. Me contacter : mg.godard@gmail.com ; 0671135119

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