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    Arrêter le robot de traite et valoriser le pâturage

    GAEC Choisnard

    La ferme en Bref

    Lieu : GAEC Choisnard dans l’Orne en Normandie à Crouttes dans le Pays d’Auge
    140 VL race Normande AOC
    Objectif 848 000 L de lait ( – 100 000 L pour l’année 2019-2020 )

    115 Ha :
    12 ha de maïs pour 2021 (18 ha à la dernière campagne)
    40 ha de PT – Trèfles – RG – Fétuques
    25 ha de PN donc 4 Ha en vergers hautes tiges
    38 ha accessibles pour les VL

    60 ha chez son oncle pour de la pension :
    Pommiers hautes tiges où il fait pâturer ses animaux jusqu’à début septembre.

    Elevage
    Élevage de tous les animaux sur la ferme : 450 animaux
    Les mâles élevés en bœuf sur les parcelles non mécanisables et éloignées
    Veaux à 10 jours sur les paddocks 3 jours avec bac tétine de 20 places
    Ration hivernale : 20 kg d’herbe , 15 kg Maïs ensilage , 1 kg de maïs grain , 1 kg de foin , 6 kg de betterave 1 kg de tourteau de colza
    Pâturage : Début Mars à début Décembre
    Qualité du lait en hiver : 37/38 MP ; 46/47 MG ( 100 euros de plus value )
    Prix 2019/2020 : 450 euros ( plus d’herbe dans la ration l’hiver plus de taux )

    Main-d’œuvre
    3 Associés – Armand et ses parents
    Une salariée – l’épouse d’Armand
    Un apprenti

    Les évolutions du système
    De 2011 à 2016 : Armand est salarié sur la ferme familiale
    2016 : Rupture du GAEC entre les parents et l’oncle et tante d’Armand pour faciliter son installation
    2016 : 17 Ha de céréales en herbe, puis 3 et 4 ha tous les ans
    Il arrête également 4 ha de méteil pour les passer en herbe
    2017 : Installation officielle d’Armand
    2017 : simplification du système alimentaire : arrêt des aliments complets mélangés industriels
    De 35 ha de maïs à 18 ha puis à 12 ha pour 2021
    2019 : Arrêt du robot, installation du roto
    2019 : Début de l’installation des clôtures et abreuvement
    2019-2020 : Regroupement des vêlages au printemps pour les génisses et sur une partie des VL
    2020 : Pâturage du 1er mars au 1er décembre
    2020 : Silo fermé entre le 15 avril et début juillet

    De 2011 jusqu’à son installation en 2017, Armand était salarié sur le GAEC familiale avec ses parents, son oncle et sa tante avec 2 ateliers : Polyculture élevage laitier et Cidricole.
    En 2016, le GAEC se sépare pour faciliter son installation et préparer l’avenir.
    Il s’installe avec ses parents et se concentre sur l’atelier lait. Sa mère s’occupe d’un atelier confiture également, « Les Confitures de Maryse » et depuis 3 ans ils ont mis à disposition un air de camping-car et sont dans le réseau bienvenu à la ferme où ils organisent des goûters pour les familles le mercredi.

    Les 230 ha du GAEC sont répartis. 115 ha pour Armand et ses parents, avec 60 Ha de pension pour ses animaux sur les pommiers hautes tiges.

    Armand compose avec l’historique de la ferme et ses contraintes. Il souhaite aussi valoriser le travail de ses parents. Avec le soutien de ces derniers et de son épouse, il modifie progressivement le système pour tendre vers plus de pâturage.

    Nous allons voir qu’il prend avec ses parents et sa femme des décisions importantes pour l’exploitation.

    L’historique du système avant la rupture du GAEC et l’installation d’Armand

    2008 : Installation du robot
    2015 : Renouvellement du robot
    230 Ha : dont 45 Ha de céréales ( 30 Ha de parcelles à 20 km, 15 ha près de la ferme ) ; 35 Ha de maïs ; 38 Ha de prairies ( 8 ha accessibles et 30 ha de l’autre côté d’une petite route) ; Ha de prairies avec pommiers pour l’atelier cidricole.
    120 VL

    En 2008, les associés de la ferme installent 2 robots de traite avec des portes de tri. Ils seront renouvelés en 2015 suite à une offre commerciale intéressante du vendeur.
    Les objectifs initiaux étaient de se libérer de la contrainte de la traite et de suivre avec précision les vaches avec tout le système informatique du robot. Dans cette configuration, le pâturage est présent mais sans être la priorité. L’alimentation est distribuée et repose sur le maïs avec ⅔ dans la ration contre ⅓ d’herbe. Ils équilibrent la ration avec un aliment industriel complet mélangé.

    2017 : De nouvelles finalités pour Armand et des résultats technico-économiques en baisse remettent en question le robot et le système alimentaire

    Peu de temps après son installation, Armand et ses parents commencent à remettre en question le système robot qui ne répond plus aux nouveaux objectifs d’optimisation de l’herbe au pâturage, de simplification du système alimentaire et de la conduite du troupeau avec le regroupement des vêlages au printemps pour les génisses et sur environ 40% des vaches laitières.

    L’implantation des robots n’était pas pensée pour faciliter le pâturage. Par exemple, les primipares étaient pénalisées car elles s’habituaient avec difficulté aux portes de tri. L’accès aux pâtures n’était donc pas optimisé. En plus, Armand a une contrainte d’accessibilité, seulement 8 ha directement accessibles au bâtiment, les 30 ha restants nécessitent une petite route à traverser. À l’époque du robot, ces 8 ha servaient de « parcelle tampon ». Les vaches traites et nourries sortaient et Armand à différents moments de la journée les faisait passer sur les 30 Ha et inversement ils devaient rentrer celles qui étaient sur les 30 Ha.

    « On a fait ça pendant 10 ans, mais la dernière année j’ai dit on arrête ça ! on avait des refus parce que les vaches se goinfraient à l’auge, personne n’était gagnant, nous avions l’impression de passer tout notre temps à les déplacer ! « 

    De plus, les problèmes techniques liés directement aux robots ( pannes, réglages, problèmes de courant électrique, alerte du robot la nuit et lors des journées de repos ) s’enchaînent et les résultats technico-économiques s’en font sentir. Les vaches s’adaptent mal aux robots, le nombre de mammites augmente etc.

    Il s’interroge également, plus largement sur la cohérence globale du système alimentaire.

    « Nous avions acheté une autochargeuse en 2017 pour distribuer l’herbe fraîche, ça me semblait cohérent puisque nous étions en système robot et que nous avons un parcellaire morcelé et je tenais à valoriser l’herbe malgré tout. Alors au début j’étais content, il y avait plus d’herbe fraîche dans la ration des vaches, puis j’ai rapidement commencé à me demander quelle était la cohérence globale dans tout ça. Économiquement, c’était limite avec des vaches à 21 L au robot. Comment justifier toute la mécanisation et la manutention nécessaire alors qu’on pouvait faire faire le travail aux animaux, elles ont juste à baisser la tête et elles épandent directement dans la prairie. »

    Dans le même temps, il décide avec ses parents, d’arrêter l’aliment complet industriel suite à un problème sanitaire.

    « Avec un aliment mélangé complet, d’accord c’est simple mais on a la maîtrise de rien. Aujourd’hui, nous achetons les aliments séparément, colza, luzerne ect où nous voulons, nous avons plus de flexibilité et si nous avons un souci nous pouvons mieux déterminer d’où il vient. »

    En 2017, il suit une formation avec Paturesens. Il en conclut que s’il veut produire à l’herbe, il faut remettre une salle de traite pour avoir la maîtrise de son pâturage.

    Cette suite d&rsquo...

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    MARIE GODARD
    MARIE GODARD
    J'ai été responsable de la formation à Paturesens pendant 5 ans, après avoir travaillé au service de remplacement lors de ma reconversion professionnelle dans le milieu agricole. Passionnée de l'humain avant tout, formée aux sciences humaines et à l'accompagnement, je propose aujourd'hui des projets pour permettre aux agriculteurs(trices) d'améliorer leurs relations au sein de la ferme, de retrouver du sens et la fierté à être agriculteur au quotidien. J'interviens également auprès des centres de formation pour sensibiliser les futurs agriculteurs et auprès de conseillers et formateurs pour améliorer leur capacité d'accompagnement. Me contacter : mg.godard@gmail.com ; 0671135119

    REDACTEUR

    MARIE GODARD
    MARIE GODARD
    J'ai été responsable de la formation à Paturesens pendant 5 ans, après avoir travaillé au service de remplacement lors de ma reconversion professionnelle dans le milieu agricole. Passionnée de l'humain avant tout, formée aux sciences humaines et à l'accompagnement, je propose aujourd'hui des projets pour permettre aux agriculteurs(trices) d'améliorer leurs relations au sein de la ferme, de retrouver du sens et la fierté à être agriculteur au quotidien. J'interviens également auprès des centres de formation pour sensibiliser les futurs agriculteurs et auprès de conseillers et formateurs pour améliorer leur capacité d'accompagnement. Me contacter : mg.godard@gmail.com ; 0671135119

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