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    Améliorer ses sols et s’adapter au climat changeant grâce au pâturage

    Le Gaec de la Pâture, en Loire atlantique, associe production de lait et maraichage de plein champ en agriculture biologique. Le système 100 % herbe est conduit en pâturage tournant dynamique depuis quatre ans. Benjamin Desbois s’emploie à améliorer le fonctionnement des sols pour avoir de meilleurs fourrages. La conduite du troupeau est en parallèle organisée pour s’adapter au contexte séchant.

    SAU : 106 ha dont 102 ha de prairies et 4 ha de maraîchage de plein champ
    Main-d’œuvre : 2 associés en Gaec, une salariée à temps plein, et 0,1 UMO pour le père de Benjamin
    Troupeau : 60 à 65 vaches laitières (Prim’holstein, Normandes, et croisements), et 7 à 8 nourrices pour les génisses
    Production : 270 000 litres de lait
    Valorisation : agriculture biologique

    Equipe du GAEC de la Pature
    Pour Benjamin, les moments de convivialité sont essentiels pour souder l’équipe et faire du bon travail.

    Installé en 2010 à Guérande, en Loire-atlantique, Benjamin Desbois a d’abord travaillé avec son père Jean-Noël, et maintenant depuis un an avec son nouvel associé Hugo. Ils ont baptisé leur gaec « le Gaec de la Pâture ». Cela traduisait bien leurs intentions. Quand ils ont comparé leur système avec ceux du référentiel du groupement d’agriculture biologique de leur département, ils se sont aperçus qu’ils avaient une bonne marge de progression devant eux dans l’art du pâturage. « L’herbe pâturée représentait il y a dix ans environ 35 % de la ration des vaches laitières » se rappelle Benjamin. « Maintenant, c’est 55 à 60 %. Et les génisses pâturent du 1er mars au 15 décembre. »

    A son installation, Benjamin a commencé par réduire la part de maïs dans l’assolement, pour un meilleur équilibre alimentaire des vaches et aussi parce qu’il faisait face à de sérieux problèmes de taupins. « La production de lait a baissé, mais on avait moins de problèmes sanitaires » raconte-t-il. Il est arrivé au stade critique où il lui restait 4 hectares de cultures (qui tournaient entre betteraves, potiron, maïs et méteil, le tout pour les vaches). « Ces derniers hectares sont les plus difficiles à supprimer» observe t’il. Le pas a cependant été franchi il y a deux ans, facilité par la montée en puissance des prairies.
    En effet, à l’automne 2016, Benjamin a suivi une formation organisée par Florent de Pâture Sens sur le pâturage tournant dynamique. A l’issue de la formation, il a décidé de clôturer avec son père tout le parcellaire. « En février 2017, tout était prêt : des paddocks de 24 heures pour les vaches laitières, et un techno pour les génisses, leurs nourrices et les taries. » Auparavant, sur les 43 hectares qui sont accessibles aux laitières, le pâturage était organisé en paddocks de 3 ha divisés en deux, pour un temps de présence de 2,5 à 3 jours.

    Avec cette nouvelle organisation du pâturage, les vaches ont changé de comportement. « Elles ont une plus grosse agressivité au pâturage et ne sont pas à faire le tour avant de baisser la tête ! On a même divisé en paddocks pour 12 heures pour qu’elles aient un repas le plus frais possible, et dès qu’on a du temps, on le refait. C’est mieux pour les vaches laitières. » La planification du pâturage est beaucoup plus simple. C’est souvent Maurane, la salariée, qui fait un tour de mesure d’herbe une fois par semaine, ou au maximum tous les 10 jours au printemps. Les éleveurs arrivent à planifier beaucoup plus finement les tâches pour la période à venir (quantité de surfaces à débrayer ou début d’affourragement). « Avant on surexploitait certains paddocks et sous-exploitait d’autres au sein même d’une parcelle » analyse-t-il aussi.

    Le gros avantage de cette méthode, c’est de ne plus avoir à diviser les paddocks le matin. Il faut juste ouvrir la porte d’entrée. « En plus, quand on affourage dans le champ, on arrive à mieux évaluer la quantité à distribuer. Il s’agit de ne pas laisser du fourrage dans le champ et pénaliser la repousse. »

    Pour les génisses, les éleveurs étaient auparavant quasi en full grass, et le changement a été encore plus flagrant avec le passage en techno. Ils ont vu le changement de flore et le gain d’herbe.

    Des chemins en caillebottis ont été aménagés, et permettent de faire pâturer « quand on veut, ou on veut. » Depuis, ce matériel a ...

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